Le chemin est exigeant et l’avancée se fait parfois lentement, mais sûrement. Notre ambition reste la même : renforcer la formation des professionnels de santé et contribuer à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins en République démocratique du Congo grâce à la simulation médicale.
Le vendredi 2 octobre 2026, une nouvelle étape concrète a été franchie. À l’occasion de l’installation et de la mise en service du matériel acquis par l’ASBL, l’équipe pédagogique de Thianza a été accueillie dans les locaux de Laerdal à Bruxelles pour une journée de formation pratique consacrée à la réanimation néonatale.
Une journée de formation chez Laerdal à Bruxelles
Animée par Béatrice Desparain, de Laerdal, la formation avait un objectif clair : maîtriser parfaitement le matériel avant de le confier aux étudiants et aux soignants. Former les formateurs, en somme. Au programme :
- monter, régler et prendre en main chaque simulateur ;
- pratiquer les gestes un à un, jusqu’à les rendre fluides ;
- apprendre à lire les données enregistrées par les simulateurs ;
- préparer la façon de débriefer une séance avec des apprenants.
Cette journée s’inscrit dans un accompagnement de longue date : depuis les premières étapes du projet, les équipes de Laerdal conseillent Thianza dans ses réflexions sur la simulation médicale et sur les équipements nécessaires à la formation des professionnels de santé.
Pourquoi la réanimation néonatale ?
À la naissance, la plupart des bébés respirent seuls. Mais environ un nouveau-né sur dix a besoin d’aide pour démarrer sa respiration, et une petite minorité nécessite une réanimation plus poussée. Les gestes réalisés pendant la première minute, souvent appelée « la minute d’or », peuvent alors changer le cours d’une vie.
Ces gestes ne s’improvisent pas : ils s’apprennent, se répètent et s’entretiennent. C’est précisément ce que permet la simulation, sans jamais faire courir de risque à un patient.
NeoNatalie Live : un nouveau-né qui mesure chaque geste

Au cœur de la formation se trouvait NeoNatalie Live, un mannequin de nouveau-né dédié à l’entraînement à la ventilation. Ses capteurs évaluent en temps réel :
- la pression exercée ;
- la fréquence des insufflations ;
- la continuité de la ventilation ;
- l’ouverture des voies aériennes.
Ses scénarios sont construits à partir de plus de 1 200 réanimations néonatales réelles, et la fréquence cardiaque comme la souplesse des poumons varient selon le cas. Le soignant apprend ainsi à s’adapter à la réponse du bébé, pas seulement à reproduire un geste.
Le ballon Upright : la bonne posture, la bonne étanchéité

Le ballon de réanimation Upright se tient verticalement au-dessus du visage, et non de côté comme les ballons classiques. Cette position aide à bien appliquer le masque et à limiter les fuites d’air, l’une des causes les plus fréquentes d’une ventilation inefficace. Quand on manipule du matériel d’urgence, le moindre détail d’ergonomie compte.
L’intubation néonatale, un geste de précision

Certaines situations exigent d’aller plus loin que la ventilation au masque. Sur une tête d’entraînement anatomique, les formateurs ont travaillé les gestes de l’intubation du nouveau-né : positionnement, manipulation du matériel, repères anatomiques. Sur simulateur, on peut répéter autant que nécessaire.
Débriefer : là où l’on apprend vraiment

En simulation, l’apprentissage se joue souvent après l’exercice. Les données des simulateurs s’affichent sur ordinateur et permettent un débriefing objectif : ce qui a fonctionné, ce qui doit être corrigé, comment progresser. Ces échanges seront au cœur des séances proposées à nos futurs apprenants.
Une réponse aux objectifs de santé de l’OMS
Ce projet s’inscrit dans les priorités de santé mondiale portées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
- l’objectif de développement durable n° 3 des Nations unies, qui vise notamment à mettre fin d’ici 2030 aux décès évitables de nouveau-nés et à ramener la mortalité néonatale à 12 pour 1 000 naissances vivantes au plus ;
- le plan d’action « Chaque nouveau-né », porté par l’OMS et l’UNICEF, qui fait des soins de qualité à la naissance, dont la réanimation néonatale, une priorité ;
- le Plan d’action mondial pour la sécurité des patients 2021-2030, qui place la formation des soignants au cœur de soins plus sûrs ;
- la stratégie mondiale de l’OMS sur les personnels de santé, qui appelle à renforcer leurs compétences.
En formant des soignants aux gestes qui comptent dès la première minute de vie, Thianza contribue, à son échelle, à ces objectifs en République démocratique du Congo.
Et maintenant ?
Ce matériel constitue le socle du centre de simulation de Thianza. Il servira aux formations présentielles et complétera les modules en ligne de la plateforme, notamment en obstétrique et en secourisme. Notre conviction : un soignant bien entraîné est un soignant plus serein le jour où chaque seconde compte.
Merci à Laerdal
Un immense merci à Franck Vezilier et à toute son équipe pour leur accompagnement, leur disponibilité et leur engagement aux côtés de Thianza depuis les premières étapes de ce projet. Merci aussi à nos hôtes belges pour leur accueil à Bruxelles.
Cette progression est rendue possible grâce à l’expertise, aux conseils et au soutien constant de Franck Vezilier, de Béatrice Desparain, de Marie Luong et de l’ensemble des équipes de Laerdal. Distribution Account Specialist chez Laerdal, Marie Luong a été l’interlocutrice privilégiée du Dr Tshibangu Ngandu Annie tout au long du projet, pour la coordination, la logistique et les conseils. La mission de Laerdal rejoint pleinement la nôtre : contribuer à sauver des vies en développant les compétences des professionnels de santé. Nous leur exprimons toute notre reconnaissance.
Ensemble, pas à pas, nous donnons vie à ce beau projet porteur d’avenir. 🌍



